Regards croisés sur les patrimoines gabonais / Du patrimoine naturel au patrimoine culturel

Conférence présentée par le Docteur Alex Tsitsy Sijoscky, Enseignant-Chercheur département d’anthropologie de l’UOB

Le conflit homme-faune en période d’urgence écologique au Gabon est caractérisé par deux protagonistes principaux : les populations locales et les éléphants. Avec le virage écologique entamé par ce pays depuis le Sommet de Rio 1992, sous l’impulsion des environnementalistes (Etat gabonais et ses partenaires environnementaux), ces conflits ont augmenté. En effet, entre patrimonialisation et dépatrimonialisation, les postures des parties en conflits s’observent sur le plan social, écologique et politique avec un niveau de gravité sans pareil. D’une part les pachydermes surprotégés mettent en situation de précarité absolue les populations locales, celles-ci pouvant réagir contre les animaux et se voir qualifiées de braconniers ; une catégorie floue, qui situe mal les responsabilités. D’autre part, ces populations par un message assez explicite : « allez-y dire à Ali-Bongo que ce sont les éléphants qui vont le voter », portent le conflit homme-faune au niveau du débat politique. Finalement, d’une coercition environnementaliste oublieuse de ces devoirs sociaux vis-à-vis des populations locales, naît une contre-coercition endogène qui menace encore plus les politiciens et les pachydermes. Ainsi, se décline un management non vertueux des conflits, qui gagnerait à être plus inclusif et qui doit mieux contrôler les puissances politico-financières.

Jeudi 23 mars à 17h30
Entrée libre